Un lac, ça ne « meurt » pas en hiver.

Il y a quelque chose
de profondément sage
dans un lac qui gèle.
Ça arrive sans bruit,
sans se justifier,
sans demander la permission.
Un matin, la surface arrête de bouger…
et tout le monde pense que c’est fini.

Mais un lac, ça ne “meurt” pas en hiver.
Ça se protège.
Ça se met en pause.
Ça garde son énergie
pour le prochain printemps.
C’est juste nous, les humains, qui oublions qu’on a le droit de faire pareil.

Parce qu’il y a des moments
dans la vie où on gèle un peu nous aussi.
Pas d’un froid extérieur,
mais d’un trop-plein intérieur.
Un gel spontané de l’âme.
Une fatigue profonde qui te dit
« Écoute… t’es pas brisé.
T’es juste en train de te refaire. »

Le lac ne s’excuse pas d’être immobile.
Il ne s’en veut pas
de ne plus refléter le ciel
aussi clairement.
Il sait que sa clarté reviendra
quand le soleil remontera plus haut.

Pis nous?
On devrait se permettre
la même douceur.

Parce que le gel,
c’est jamais la fin.
C’est une transition.
Un passage.
Un moment où la vie dit…
« Repose-toi. Laisse-moi
travailler en dessous.
Tu vas voir… au dégel,
tu vas te reconnaître,
mais en version plus forte. »

Même si ça craque un peu.
Même si ça fait peur.
Même si on ne voit pas encore
la lumière dans la slush du milieu.

Le printemps a toujours
tenu parole.
Toujours.
Il revient.
Et tout ce qui avait l’air figé
se remet à respirer.

Alors oui, aujourd’hui
tu gèles peut-être un petit bout.
Mais tu ne t’éteins pas.
Tu te prépares.

Le soleil, le vrai,
celui qui réchauffe
jusqu’au cœur,
est déjà en chemin.

Et le jour où ton lac intérieur
va caller,
ça fera du bien.
Un bien de renaissance.
Un bien de « enfin ».
Un bien de…
« j’ai survécu à mon propre hiver ».

Sois patient avec toi.
Bienveillant avec ton hiver.
Et confiant en ton printemps.

Tu vas revenir.
Encore plus vrai.
Encore plus toi.

Drette-là,
même si on sait pas
tout à faitement
comment.

© 2025 — Danny Dontigny Crûment
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