L’art de ne pas se perdre…en aidant trop.

Je parle ici surtout
avec les gens qui sont
bons avec nous,
les gens qui méritent
notre présence,
notre écoute, notre douceur…
Nos enfants, nos parents, nos amis.
Les gens qu’on aime
mais pour qui on ne devrait jamais
s’oublier au passage.

Parce que même quand on veut aider,
on n’est pas supposée
se vider jusqu’au fond du réservoir.

L’auto-empathie…
ou l’art de s’aimer
sans se prendre
pour un sapin parfumé

On parle beaucoup d’empathie ces temps-ci.
C’est beau l’empathie.
C’est noble.
C’est important.
C’est même rendu trendy,
comme les t-shirts “Sois gentille.”
que personne lave assez souvent.

Mais moi, j’aimerais
qu’on parle d’un concept
qu’on oublie trop souvent…

L’auto-empathie.
(Oui, oui, ça existe. Pis non,
c’est pas juste un mot fancy
pour dire que t’es rendue égoïste
comme un chat.)

Parce que la vérité,
c’est qu’on a tendance
à s’oublier quand on est trop occupée
à comprendre, soutenir, écouter, consoler…

On finit par devenir
l’équivalent émotionnel
d’un Tim Hortons 24h.
“Oui, oui, entrez,
je suis toujours ouverte,
qu’est-ce que je peux faire
pour vous servir aujourd’hui?”

Pis pendant qu’on aide tout le monde…
nos propres émotions attendent
dans le stationnement,
dans un vieux Civic 2008,
à se demander si quelqu’un va finir
par leur ouvrir la porte.

L’auto-empathie, c’est ça.
Accepter que toi aussi,
t’as le droit de ne pas filer.
De te parler comme tu parlerais
à ta meilleure amie.
De pas te juger
parce que t’as encore oublié
la journée du recyclage.
De reconnaître que t’es humaine,
pas un GPS émotionnel infaillible.

C’est dire,
“Hey, ma chum… respire.
T’as le droit d’être fatiguée.
T’as le droit d’être mêlée.
T’as le droit de prendre
un break de la vie deux minutes,
même si ça fait suer
ton sens du devoir.”

C’est se donner
un câlin mental.
Pas un câlin mou.
Un bon câlin solide,
avec un petit tapotage
dans le dos qui dit,
“Je suis avec toi,
même quand tu marches
tout croche.”

Pis pour vrai…
Si on commençait toutes par être
un peu plus empathiques
envers nous-mêmes,
on arrêterait peut-être
de se vider
pour remplir les autres.

C’est comme une voiture.
Tu peux pas rouler 400 km
sur le néant,
même si t’es super fine.
À un moment donné,
faut arrêter pour mettre du gaz…
ou tu vas finir sur le bord de la 20
à pleurer avec tes warnings.

Alors ici et maintenant,
juste pour le fun,
sois empathique…
envers toi,
même si des fois
tu donnes plus d’importance
aux autres qu’à toi-même  
Parce que tu vaut pas moins cher
la livre que ceux que t’aimes.
Toé pis moé, on le sé (sait)  
Reste à l’intégrer,
Drette-là

Prenez soin de vous,
pour vrai.
Vous êtes belles,
même en version
brûlée des deux bords.

Drette-là,
même si on sait pas
tout à faitement
comment

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